La visite de Laurent Fabius au Mexique: vers un réchauffement des relations bilatérales?

FHollande EPN

Les 14 et 15 juillet, Laurent Fabius rend une visite officielle au président mexicain Enrique Peña Nieto, entré en fonction le 1er décembre 2012, ainsi qu’au ministre des affaires étrangères José Antonio Meade. Cette rencontre sera l’occasion de présider la cérémonie du 14 juillet à Mexico, de confirmer la relance des relations bilatérales entre les deux pays, et d’annoncer la composition du conseil stratégique franco-mexicain. Ce conseil, créé suite à la visite du président mexicain en France le 17 octobre 2012, a pour objectif de renforcer les relations bilatérales, notamment dans les domaines de l’exportation et de l’investissement. Il rassemble de hauts responsables des secteurs public et privé, ainsi que des intellectuels des deux pays. Pour la partie française, il sera présidé par Philippe Faure, représentant spécial du gouvernement français au Mexique.

« Les priorités de la nouvelle politique économique française de diplomatie économique ont été données et le Mexique en fait partie », souligne Philippe Faure lors de ses entretiens. En effet, le conseil stratégique franco-mexicain permet à la France de doper ses partenariats avec certaines puissances émergentes: alors que la diplomatie française peine à adopter une stratégie efficace envers ces pays, les entreprises françaises sont déjà bien implantées au Mexique dans les secteurs de l’automobile, de l’énergie, du luxe. La France est traditionnellement le 8ème investisseur étranger au Mexique, et malgré un désinvestissement en 2011, les stocks d’IDE (Investissements Directs à l’Etranger) français au Mexique se sont élevés à 2053 millions d’euros, selon un rapport du ministère français de l’économie. Une série de 10 reportages photographiques mettant en valeur la présence des entreprises françaises en terre aztèque est d’ailleurs disponible sur le site du ministère des affaires étrangères, confirmant le regain d’intérêt pour ce pays.

Ce conseil correspond également aux ambitions mexicaines en matière de politique étrangère, dont les fondements ont été énoncés lors de la conférence « Le Mexique dans le monde : un acteur avec des responsabilités mondiales » qu’il a organisée à l’université des Nations Unies le 9 avril 2013. L’accent est mis en priorité sur le renforcement des relations bilatérales avec certains pays et sur la promotion de la valeur économique du Mexique. D’une part, Enrique Peña Nieto y voit une manière d’élever le Mexique au rang de grande puissance et de disputer la place de leader latino-américain actuellement occupée par le Brésil. D’autre part, il considère le développement économique comme une solution pour enrayer la vague de violence et de criminalité qui paralyse le Mexique.

Les relations franco-mexicaines ont connu un refroidissement ces dernières années : la détention de Florence Cassez et le refus mexicain de l’extrader vers la France a gelé les relations entre les deux pays en 2011 ; par ailleurs Felipe Calderón, président du Mexique de 2006 à 2012 et prédécesseur d’Enrique Peña Nieto, a centré sa politique étrangère sur un fort resserrement des liens avec les États-Unis. Celle-ci a principalement porté sur la mise en place politique de sécurité renforcée destinée à mettre fin à la violence régnant dans le pays, alimentée par le narcotrafic. Cette politique s’est concrétisée par l’Initiative Merida, signée en 2008 avec les États-Unis, mais elle s’est réalisée au détriment du développement des relations avec d’autres zones géographiques.

Les élections de 2012, ayant consacré successivement François Hollande puis Enrique Peña Nieto présidents, ont permis un tournant dans les relations bilatérales. Le président mexicain se place en rupture avec la politique étrangère menée par son prédécesseur et souhaite diversifier les relations bilatérales, à l’instar du Brésil et de la politique de Lula, tout en maintenant une collaboration active avec les États-Unis. Ce réchauffement des rapports s’est aussi manifesté par la volonté de mettre un terme à l’affaire Cassez, ce qui s’est traduit par l’extradition de la française le 24 janvier 2013, et la normalisation des relations entre les deux pays

Aujourd’hui, les deux pays collaborent également en matière de sécurité, suite à la sollicitation de l’expertise française par Enrique Peña Nieto, en vue de la création d’une gendarmerie nationale pour renforcer la sécurité mexicaine. Cette rencontre va permettre à la fois de stimuler les échanges entre les deux pays, mais aussi de constituer une étape préalable à la visite de François Hollande au Mexique l’année prochaine.

Article initialement publié sur Le Plus du Nouvel Observateur: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/907644-laurent-fabius-au-mexique-apres-l-affaire-cassez-les-relations-devraient-s-ameliorer.html

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s